Une étape en Mongolie qui nous a rendu chèvre !

La route

Nous continuons notre route en direction de Oulan-Bator, et décidons aujourd’hui de faire 400 kilomètres jusqu’à Bayanhongor. La route est bonne voire très bonne les 100 premiers kilomètres, jusqu’à arriver à la célèbre piste Mongole.

Rouler sur une piste ne pose pas de problème, même en camping-car on peut aisément atteindre les 50km/h, mais en Mongolie, les pistes ont une petite particularité qui réduis fortement cette vitesse, elles sont comme si on avait recouvertes d’une fine couche de sable des plaques de tôle ondulée, je vous laisse imaginer ce qui se produit dans le camping-car quand on roule dessus ! Vitesse maximum 20 km/h quand on a 300 km à faire ça fait mal! Mais c’est ça la Mongolie toutes les distances sont rallongées du fait de la qualité de la route, il suffit de prendre son mal en patience, de croiser les doigts pour que le camping-car ne tombe pas en morceaux et de savourer le paysage. Nous sommes quand même ravi du comportement de notre véhicule, à l’aise même quand il fait de l’escalade automobile.

Ça ne passe pas !

Cher copilote, lorsque le pilote à roulé durant 8h, dont 7 sur des pistes défoncées, dans la poussière, qu’il est assurément plus que fatigué même si il vous dit le contraire, qu’il répète sans cesse: oui mais t’inquiète ça passe, assomez le s’il vous plaît, ça évitera qu’il emmène le camping-car dans des endroits improbables et s’embourbe!

Nous y voilà, dans une zone bien humide, avec des pneus pas du tout fait pour ça et un véhicule allègrement en surcharge, ça promet! Bon du coup la technique est simple, on sort notre crique 14 tonnes, directement dans la jante, on lève, et on fout plein de cailloux en dessous des pneus ainsi que toutes les planche en bois qu’on pourra trouver, pour le remonter et lui redonner de l’adhérence. Renouveler l’opération autant de fois que nécessaire. Par contre ne faites pas comme moi ne vous réembourbez pas directement après vous êtes sortis!

On a de la compagnie

Pendant que nous étions en train d’oeuvrer dans notre noble tâche, qui est de réparer les conneries du pilote, un couple de Mongole à moto, qui était en train de mener leur troupeau de chevaux, est venu s’inquiéter de notre situation. En tenue traditionnelle, ils nous ont tout d’abord fait remarquer que c’était plutôt ironique et exceptionnelle de voir un tel véhicule dans un tel lieu, et en gros, que c’était normal ce qui nous était arrivé. Dans un premier temps, alors que j’étais couvert de boue et que je commençais sérieusement en avoir plein le cul, j’ai rigolé un peu jaune, mais ensuite ils se sont mis immédiatement et naturellement au travail pour nous aider à sortir le véhicule de là. Je vous dirai bien leur nom mais j’en suis incapable, je saurai les prononcer mais pas les écrire. En tout cas nous voilà partis pour 3h d’acharnement à remplir sous les roues, a rechercher des cailloux, des planches de bois, le tout dans la bonne humeur malgré la menace de la nuit qui arrive, et nos tentatives de sortie avortées, tout en cherchant à préserver notre embrayage.

Nous communiquons ensemble par gestes, ils ne connaissent strictement aucun mot d’anglais, mais face à la situation pas besoin de parler ! Une demi-heure avant la tombée de la nuit nous arrivons enfin à désembourber le véhicule, nous nous congratulons de cette réussite, et prenons le temps, allongés dans l’herbe, autour d’un verre de vodka pour faire plus ample connaissance.

Il a 43 ans, il habite dans une yourte à 10 km de là, ils étaient en train, avec son épouse, de suivre leur troupeau de chevaux, qu’ils surveillent d’ailleurs régulièrement à l’aide de jumelles, afin qu’ils puissent boire à la rivière, nous apprenons également que, tout comme nous, ils ont 3 enfants, 2 filles et un garçon. Nous rigolons en regardant dans l’état que l’on s’est mis, nous sommes couvert de boue et le camping-car est dans un état lamentable. Pour les remercier, nous ouvrons notre caisse à cadeaux, ce sont des petits jouets Disney que nous avons rassemblés dans le cadre de la projection de dessin animés que nous projetons de faire, en Asie du Sud-Est, aux enfants d’orphelinat, ils sont ravis nous voilà bien heureux.

Je ne pense pas que nous aurions pu sortir le camping-car avant la nuit sans leur aide, cela nous aurait mis dans une situation un peu compliquée, passer la nuit à côté de cette rivière, au milieu de rien, et surtout, dès le lendemain matin, de devoir recommencer notre labeur. Le temps actuellement Mongolie est instable et, effectivement durant la nuit qui a suivi, il a plu fortement, cela aurait été compliqué voir impossible de sortir le véhicule de la zone où nous étions. Ils sont tout naturellement venu à notre rencontre, s’inquiétant de notre mésaventure , recherchant instinctivement à nous aider, ils se sont donnés de la peine, ce sont salit, ils seraient restés, sans aucun doute, toute, voir une partie de la nuit, si jamais nous ne serions pas parvenu à sortir le véhicule avant la tombée de celle-ci.

Petite inspiration personnelle (désolé !)

Après maintenant 3 mois de voyage, nous sommes toujours autant surpris par la simplicité des gens, partout où nous sommes passés nous avons rencontrés des personnes satisfaites de leur sort et de leurs conditions, fiers de nous montrer qui ils sont, comment ils vivent, surtout fiers de leur patrie et de leurs origines. Chacun à sa propre histoire et s’emploie au quotidien à la valoriser, à l’améliorer et à la transmette à leurs enfants, comme à nous, simplement de passage, sans prétendre à plus de confort, ce satisfaisant des moyens qu’ils ont, avec la famille en pilier de leur existence. Nous représentons l’inverse de tout cela, nous disposons de plus de moyens que nécessaire, consommons dans tous les sens, dans des choses sans valeurs, sans avenirs, et en voulons toujours plus, nous avons un avis sur tout, que nous exprimons sans gênes, sans reserves, j’aurais des centaines d’exemples à citer, mais si je dois en retenir qu’un ce serait le comportement de beaucoup, vis-à-vis de la femme du président que nous avons élus, même si d’un point de vue personnel je ne vote pas et je ne fais pas de politique, c’est une honte et je peux vous garantir que malgré tous nos moyens, nous sommes beaucoup moins riches que les personnes que nous avons côtoyés durant notre voyage. Malgré tout cela nous sommes toujours accueilli à bras ouverts, sans aucunes arrière-pensées et ce, malgré notre différence, notre grosse voiture, nos moyens, à chaque fois, les discussions ne sont pas politiques ni sociales, et pourtant il y aurait matière, mais elles sont axées sur la famille, sur ce que l’on sait faire de nos mains, sur l’âme des choses, sur la valeur de qui on est de par nos actes, sur ce que l’on nous a transmis et ce que nous voulons transmettre. Chacun pourra tirer avis de mon constat, chercher à quoi je pense par rapport à la situation de mon pays, quelles sont mes d’orientations politiques voir sociales, est-ce que je revêt ou non un gilet jaune, mais gardez-les pour vous, ce n’est pas de moi qu’on parle. Me concernant, la seule chose à savoir, et qu’avec ma famille nous en avons tirés un enseignement que nous avons hâte d’appliquer en rentrant dans notre si beau pays, en espérant que ça va mieux quand même, s’en était devenu pathétique de tout point de vue.

L’hospitalité mongole

Après nous être reposés quelque peu après nos trois heures d’acharnement, c’est tout naturellement que nous sommes invités chez nos nouveaux amis Mongoles, d’après leurs gestes, nous comprenons que c’est pour pour boire, manger, et dormir. C’est avec plaisir que nous répondons positivement à l’invitation, et que nous suivons nos hôtes jusqu’à leur domicile.

Il fait nuit mais l’homme tient à nous présenter sa vie de nomade, nous avions déjà vu son troupeau de chevaux sur le lieu du drame, il nous présente maintenant son troupeau de chèvre, il en a environ une centaine, ils nous montre également les moyens dont il dispose, il a une moto, un camion, deux yourtes et un panneau solaire, il nous explique tant bien que mal que la seconde yourte est destinée à ses invités, et que lui et sa famille vivent dans l’autre, où il nous invite à entrer. Nous faisons la connaissance de ses deux filles âgées de 9 et 14 ans, la grande parle un tout petit peu anglais, ce qui nous facilite quelque peu le contact. L’intérieur de la yourte et on peut plus traditionnel, excepté le poêle qui ne se trouve pas entre les deux piliers, ils utilisent un réchaud à gaz que ce soit pour se chauffer ou faire à manger. Nous sommes surpris par le côté cosy et l’agréable atmosphère qui règne dans le lieu, nous nous y sentons tout de suite bien, et comme la tradition l’exige, nous nous installons à gauche de l’entrée, face à nos hôtes, le fond de la yourte étant réservé à l’autel familiale. On retrouve dans la yourte, plein de tapisseries traditionnelles qui orne le mur, rendant l’intérieur coloré et agréable, il y a également la télé et le téléphone fixe, on y retrouve différents meubles, dont un petit buffet, deux males, deux lits qui servent de canapé durant la journée, et un petit meuble évier, tous ses meubles sont en bois peint coloré.

Foutu mouton!

La maîtresse de maison commence par nous servir l’Airag, c’est la boisson traditionnelle par excellence des nomades, il s’agit de lait de jument fermenté, le goût est un peu particulier au départ mais on s’y habitue vite. Ensuite elle nous a ramené un petit panier avec dedans quelque chose qui ressemblait à une petite meringue, nous avons pensé que c’était des gâteaux jusqu’à ce que je goûte.

Il s’agit en fait, d’aarschy, c’est du lait de chèvre déshydraté mis à sécher, une espèce de fromage à pâte dure. J’ai failli vomir. Extrêmement fort en goût, un goût de mouton, qui reste en bouche, beaucoup trop fort pour mes papilles et mon estomac occidental. Le verdict est le même pour tous les membres de la famille, nous nous retrouvons maintenant dans une situation gênante, impossible de nous faire comprendre, et ne voulant pas froisser nos hôtes. Nous le savions, la nourriture des nomades est faite à base de mouton, mais nous ne pensions pas que le goût soit aussi fort, il nous est impossible d’avaler la moindre bouchée sans faire la grimace et avoir un haut le coeur. Nous voici maintenant en train d’essayer de faire bonne figure avec chacun, nos bout de fromage dans la main, j’ai dissimulé discrètement le mien dans ma poche, nous avons vraiment honte, pour les enfants pas de souci ils disent clairement qu’ils n’aiment pas et les reposent dans le panier, par contre pour Aurélie et moi c’est un moment très difficile à vivre. Ensuite l’homme de la maison me ramène une petite bouteille en plastique chaude, avec un grand sourire, dans le sens, ça c’est une boisson d’homme! Je comprends tout de suite que c’est de la vodka pour moi pas de problème je me sers un verre, mais malheureusement, toujours le même goût de mouton. Cette boisson s’appelle l’arhki, c’est une boisson issu de la distillation du lait, c’est une boisson synonyme de convivialité et de fête, elle est faite maison, et la tradition veux que l’on en ingurgite 3 verres pour honorer ses hôtes. Je n’ai pas pu boire le troisième, malgré mes efforts. Les enfants eux, sont couverts de bonbons et autres gâteaux, je leur en chipe quelques-uns régulièrement pour essayer de me faire passer le goût.

Nous nous regardons, Aurélie et moi, et comprenons, sans avoir à parler, que nous ne pouvons pas rester. Rester serait synonyme de dîner et de petit déjeuner, le tout à base de mouton, malgré la gentillesse de nos hôtes, nous ne pouvons pas nous y résoudre. Nous sommes affreusement déçus, ils nous avaient proposés de passer la journée du lendemain ensemble, d’aller traire les moutons avec les enfants et de faire du cheval, nous en avions rêvés, mais malheureusement, nous n’arrivons pas à nous faire comprendre. Nous aurions tant aimé pouvoir faire honneur à nos hôtes, mais cela nous est impossible.

Au revoir

Nous pretextons d’avoir rendez-vous avec une autre famille française 100 km plus loin, tôt le lendemain, je ne sais pas s’ils ont compris mais nous les avons vus tristes de nous voir se lever et les couvrir de remerciement pour cet instant de vie passé avec eux. Mais malgré tout ils se sont quand même donnés la peine de faire un petit bout de chemin avec nous avec leur camion afin de s’assurer que nous soyons sur la bonne route, et cela à 22h30. Avant de nous séparer, nous retrouvons tous dans le camping-car pour boire un dernier verre de vodka, nous faisons quelques selfies, échangeons nos coordonnées, et nous nous disons définitivement au revoir.

Nous sommes ravis et frustrés en même temps, les enfants sont tristes également, ils attendaient tant de ces rencontres , je suis en colère contre moi-même de ne pas aimer ce foutu mouton, il nous empêche de vivre un instant de vie exceptionnel. J’ai d’ailleurs bien envie d’en écraser un ou deux sur la route afin de me venger. Mais bon laissons ces braves bêtes tranquilles, elles apportent tellement à nos amis mongoles. Malgré toute notre bonne volonté, il nous est parfois impossible de nous ouvrir totalement avec les populations que nous rencontrons, cela est frustrant mais pas décourageant, nous espérons par la suite pouvoir rencontrer une famille avec laquelle nous pourrions communiquer en anglais, afin de pouvoir profiter à fond d’un instant de vie avec eux.

4 commentaires sur “Une étape en Mongolie qui nous a rendu chèvre !

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