Je suis heureux d’avoir été malade au Cambodge

Cela fait partit du voyage, il est sûr, que sur un an de voyage à cinq, il y aurait bien des périodes où un de nous serait malade. C’est arrivé, au Cambodge, sept jours au lit complètement Ko. Pendant cette semaine, nous avons fait de belles rencontres, fait un tour en ambulance et été ausculté dans une petite clinique Cambodgienne. Récit de cette, malgré tout, belle expérience.

Émergence du mal

Après la dernière journée de visite des temples d’Angkor, je sentais que quelque chose ne tournait pas rond. Nous avions repris la route direction la capitale Phnom Penh, et, lors d’une pause, j’annonce que nous n’irons pas au bout et qu’il faut impérativement qu’on se trouve un coin tranquille rapidement, un coin type chambre d’hôpital naturelle. J’étais très fatigué, courbaturé et santait qu’une bonne nuit de sommeil ne suffirait pas à aller au bout de se que je couvais. Nous regardons sur l’application Eoverlander et trouvons un coin cohérent pas très loin, apparemment tranquille, un peu éloigné de la route, mais pas complètement perdu non plus, étant en périphérie d’un village. Nous nous y rendons et trouvons un petit restaurant proposant de servir des repas dans de petit carbet avec hamacs, donnant sur un petit lac. Nous demandons si nous pouvons nous garer sur le terrain en arrière d’un carbet et si nous pouvons y passer la nuit, pas de problème, nous sommes ravis et rassuré, en plus nous avons accès à des sanitaires avec douches ainsi qu’à de l’eau. À peine arrivé je vais m’allonger dans la capucine, KO.

Partie 1: tête de cochon

Première nuit catastrophique pour moi, toujours aussi faible, forte fièvre par alternance, et grosse douleur ponctuelle à l’estomac sans que rien ne veuille sortir, ni d’un côté ni de l’autre. Je suis incapable de manger quoique se soit et reste allongé toute la journée. Pendant se temps là, les enfants font la connaissance des enfants du coin et tous les jours se retrouvent pour jouer ensemble, pas de barrière pour eux, c’est affolant de voir leur capacité à nouer des relations, sans arrière-pensées ni jugements. Je les entend s’éclater dehors, tout le monde n’est pas contaminé ! Aurélie prend soin de moi et en profite pour faire toutes les lessives et corvées nécessaires grâce aux facilités que nous avons sur le terrain où nous sommes installés.


Pendant trois jours je refuse toutes démarches médicales, Aurélie trouve une clinique à un kilomètre, mais je ne veux pas m’y résoudre, je suis persuadé qu’il me faut du repos et que ça va passer, même si j’en bave, les anti-douleurs que nous avons dans notre trousse de secours sont inefficaces. Je crains aussi de devoir laisser la famille seule pour je ne sais quelle raison, cela me rendrait plus malade !

Partie 2: clinique

Au matin de la troisième nuit, je demande à Aurélie d’aller voir au restaurant si on pouvait pas acheter des anti-douleurs à proximité, avec le traducteur du téléphone (indispensable surtout dans ces cas là !). Fortes fièvres, je suis monté à plus de 39 dans la nuit, toujours l’estomac en vrac, j’arrive à peine à me lever. Elle revient avec la dame, responsable de site, un peu agacée du fait qu’on ne lui avait pas dit que j’étais malade. Elle est au téléphone et nous dit qu’elle est en train d’appeler une ambulance. Je suis stressé, je me fais des films avec les pires scénarios, Aurélie la dernière fois qu’elle a conduit le camping-car s’était en Turquie. C’est, pas du tout rassuré, qu’on m’aide à monter dans une voiture et qu’on m’emmène seul. De plus il ne nous reste plus beaucoup de monnaie, pas distributeurs à moins de 100 kilomètres, je sais pas combien tout cela va nous coûter.
Je me détend un peu quand je vois qu’on me dépose tout près, à peine 3 minutes de route. Les ambulanciers me sorte de la voiture et s’amusent à se prendre en photo avec moi, ça m’a rendu fou (ils ont de la chance que j’étais faible, ils l’aurais mangé leur téléphone). On m’installe sur un brancard devant plein de monde qui attendent d’être ausculté. Entre temps Aurélie et les enfants m’ont rejoint avec le camping-car. Un jeune médecin, parlent parfaitement Anglais, m’examine après lui avoir expliqué les symptômes, il préconise une prise de sang que me fait immédiatement une infirmière. Un quart d’heure plus tard les résultats sont là, le médecin me donne sont diagnostic: dengue + infection intestinal.

  • Dengue:
  • La dengue est une infection virale transmise par les moustiques.
  • Cette infection provoque un syndrome de type grippal et peut évoluer à l’occasion vers des complications potentiellement mortelles, appelées dengue sévère.
  • L’incidence mondiale de la dengue a progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies. Environ, la moitié de la population mondiale environ est exposée au risque.
  • La dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier, avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines.
  • Il n’existe pas de traitement spécifique pour la dengue ou la dengue sévère, mais la détection précoce et des soins médicaux adaptés permettent de ramener le taux de mortalité en dessous de 1%.

Il est pas sûr concernant les problèmes intestinaux, il me propose de prendre un traitement pendant trois jours, et si ça ne va pas mieux, il faudra aller faire des examens dans un centre hospitalier plus conséquent. La pharmacie est située au même endroit, on me prépare exactement le nombre de comprimés nécessaires qu’on me met dans de petits sachets. Il est temps de retourner dans notre petit coin tranquille, je demande au médecin combien je lui dois, il me répond rien, c’est gratuit ! Ah bon je savais pas que ça existait des choses gratuite ! Sur le cul.

Partie 3: remission

De retour sur notre petit camping improvisé, la dame du restaurant vient aux nouvelles, elle a appelé le médecin pour savoir se que j’avais et c’est mise à prendre tout naturellement soin de moi, soin de nous. Elle m’amène des glaçons dans un sac, que je dois appliquer sur mon ventre pour me soulager. Les enfants sont toujours fourrés au restaurant et sont gâtés. Pendant deux jours, à chaque repas elle nous amène ou fait amener de quoi manger, un plat préparé pour moi et des fruits ou légumes ou encore boissons pour le reste de la famille. Je suis dans les meilleurs conditions, les anti-douleurs sont efficaces et me permettent de me reposer, j’arrive enfin à aller aux toilettes, ça va de mieux en mieux. Le deuxième jour je sort un peu du camping-car, le troisième je suis sur pied, encore un peu faiblichon mais ça va beaucoup mieux. Nous décidons de reprendre la route.

Le depart

Avant de partir nous nous arrêtons au restaurant pour dire au revoir, remercier nos hôtes si prévenant, que se soit pour moi ou pour toute la famille, et régler se que nous avons à payer. Je suis pas surpris de voir que les enfants sont comme chez eux, il y a trois jeunes employées au restaurant et chacun a son petit chouchou. Je me plie en remerciements pour le soutien et l’aide apporté à ma famille pendant cette épreuve. Ils retorquent que c’est normal et qu’ils sont ravis que j’aille mieux et que je ne leur doit rien du tout. Je suis ému et dépassé, Evan fait verser une petite larme à tout le monde car il est triste de partir. Malheureusement la responsable du restaurant n’était pas présente mais avait laissé ses instructions. Nous reprenons la route doucement direction Phnom Penh.

Ça me met encore sur le cul, en écrivant cet article deux semaines après. Outre le côté médical, qui m’a donné une bonne leçon et me permet d’en tirer des enseignements, c’est tout se qu’il y a autour qui est pour nous ahurissant et pour eux complètement normal. On nous a accueilli, nourri, soigné, aidé, fourni des médicaments, fourni de l’eau et des sanitaires, et tout cela le plus naturellement possible, sans jamais qu’il y ait été question d’argent ou contreparties. Nous sommes ravis d’avoir anticipé et d’avoir réfléchi et choisi cet endroit, comment cela se serait passé ailleurs? J’en ai chié vraiment, ce ne fut pas drôle à me taper la tête contre le camping-car de douleur, mais je suis ravi d’en avoir passé par là, au vue de l’expérience de vie que nous avons vécu et de la leçon donnée à mes enfants. Merci beaucoup à tous, ce fut un instant de vie douloureusement merveilleux

2 commentaires sur “Je suis heureux d’avoir été malade au Cambodge

  1. Quelle belle leçon d’humanité pour nous aussi qui vous lisons avec intérêt.
    Continuez ce blog, vous nous faites vivre votre aventure par procuration.
    C’est quelque chose d’inestimable pour la construction de vos enfants que n’aurait pas fait une année d’école.

    J'aime

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